(Lao Zi)
Zeldak orain dela guti zion bezala (eta urriegitan adierazten naizela ulertarazten zautalarik), nere bizi-moduaren elementu batzuk aipatuko ditut hemen, berez berjabetzea.
Berjabetzea neretzat zer den : nahiezko soiltasuna barne du, hau da aztarna ekologiko ttikiago bat eta beta gehiago izatea, bainan ere nere bizi baldintzak hobe menparatzeko bideak bilatzea da (eta era berean dena menperatu ezin dela ohartzea, eta xume izaten ikastea, bainan bertzaldi batean aipatuko dut).
Hasteko, janaria. Ahal bezain guti erosten dut : irrisa, leketakoak, olioa, gatza, arraina. Batzutan txorizo pixkat. Gauza guti bainan halere nere elikaduraren zati haundi bat. Horrez gain jaten dudanaren bizi baldintzak garatzen saiatzen naiz baratze ttiki batean (konposta eta komuna idorrak barne), berez biointensiba moduko pentokak egiten ditut, eta horietan xiribiak, terebusak, porruak, azak, arbiak, sarbak, kuiak, kuiatxoak, piperrak, tipulak, amarantak, maikolak, babak eta bertze gauza guti batzuk ezartzen ditut. Basa landareak ere biltzen ditut : ausinak, ardi-mihia, mahastien baratxuria… Oiloentzako ezkurrak eta bareak.
Mugaraino iristen naizela iduritzen zait. Nahiz eta diru guti behar, nunbait bizi ahal izateko ordaindu behar da, eta horretarako nere lana saldu diru truke. Lan huntan igarotzen dudan denbora ez dut nere bizi baldintzen berjabetzean igarotzen. Jaten ditudan bezainbertze leketako, eta jaten dudan irrisa bezainbertze jats eta amaranta ekoizteko, asti gehiago beharko nuke. Eta janaria baizik ez dut aipatzen hemen.
Oraindik ez dut garbi ikusten egoera horren irteera. Agian bakarrik ezin da, eta bertzeekiko antolaketa behar da (batek zion bezala, 10entzako eltzekaria egiteak ez du batentzako baino 10 aldiz denbora gehio hartzen).
Zuen ustez?
“Aucun de nous ne sait ce que nous savons ensemble”
(Lao Zi)
Comme le faisait Zelda il y a peu (et alors qu’elle me fait aussi comprendre que je me fais trop rare), je vais mentionner ici quelques aspects de mon mode de vie, concrètement la réappropriation.
La réappropriation pour moi qu’est-ce que c’est : ça englobe la simplicité volontaire, c’est à dire avoir une empreinte écologique plus petite et plus de temps libre, mais c’est aussi chercher des moyens pour mieux maîtriser les conditions de ma subsistance (et me rendre compte en même temps qu’on ne peut pas tout maîtriser, et apprendre à être humble, mais j’en parlerai une autre fois).
En premier, la bouffe. J’achète le moins possible : le riz, les fabacées, l’huile, le sel, le poisson. De temps à autre un peu de txorizo. Peu de choses mais quand-même une grande partie de mon alimentation. J’essaie de développer dans un petit jardin (compost et toilettes sèches incluses) les conditions de vie de ce que je mange en plus de ça, concrètement je fais des buttes à la façon biointensive, et dessus je mets des panais, des salsifis, des poireaux, des choux, des navets, des bettes, des courges, des courgettes, des piments, des oignons, des amaranthes, des haricots, des fèves et quelques autres trucs. J’y ramasse des plantes sauvages aussi : orties, mâche, ail des vignes… Des glands et des limaces pour les poules.
J’ai l’impression d’arriver à la limite. Bien que j’aie besoin de peu d’argent, pour pouvoir vivre quelque-part il faut payer, et pour cela vendre mon travail contre argent. Le temps que je passe à ce travail, je ne le passe pas à me réapproprier les conditions de ma subsistance. Pour produire autant de fabacées que j’en mange, et autant de sorgho et d’amaranthe que je mange de riz, il me faudrait plus de temps. Et je ne parle ici que de la bouffe.
Je ne vois pas encore bien la sortie de cette situation. Peut-être est-ce impossible seul, et s’organiser avec d’autres est nécessaire (comme disait l’autre, faire de la soupe pour 10 ne prend pas 10 fois plus de temps qu’en faire pour un).
D’après vous?

6 comments
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2008 January 20, Sunday at 1:45 pm
mirza
D’après moi, ça explique assez naturellement pourquoi est-ce que l’on est des animaux grégaires (mais non non non, ça n’a aucun rapport avec mon état actuel !!!)
Et oui, ça fait plaisir de lire un billet de toi !
2008 January 20, Sunday at 3:51 pm
korrotx
ça explique assez naturellement pourquoi est-ce que l’on est des animaux grégaires
En effet, je ne me l’étais jamais dit aussi nettement avant, mais je crois que je peux considérer ça comme un constat de base pour la suite des événements. C’est pas grand chose mais c’est beaucoup.
2008 February 18, Monday at 11:52 am
Jeuf
à mon avis non , on ne peut pas s’organiser seul, ni même à dix, en France. Peut-petre à 50. et encore, pas sûr.
Peut-être on doit tous s’intégrer à la mégamachine pour combattre ses dégats passés…
2008 February 18, Monday at 11:54 am
Jeuf
je veux dire, par exemple. Tout le monde devra travailler à financer les opérations de géo-ingénieurie indispensable pour ne pas que la planète deviennent une fournaise.
Kche m’a parlé d’un livre , très rapidement, qui s’apelle “l’Etat au fond des bois”, dont l’auteur imagine que l’Etat sera toujours là et controlera la vie des personnes encore, même s’ils veulent vivre au fond des bois.
2008 February 18, Monday at 1:30 pm
korrotx
Peut-petre à 50. et encore, pas sûr.
Comment tu évalues ça?
géo-ingénieurie indispensable pour ne pas que la planète deviennent une fournaise.
Pour remettre de l’humus dans la terre, pas besoin de grosses finances ni de super techniciens. Par contre besoin de gens qui savent faire ce qu’il faut, et qui d’après moi ont intérêt à l’apprendre tant que l’obtention de bouffe n’est pas leur souci nº1, sinon comme dans beaucoup d’endroits quand avoir à manger ce soir et avoir à manger dans 10 ans ne passent pas par le même chemin, c’est le premier qui prime.
l’auteur imagine que l’Etat sera toujours là et controlera la vie des personnes encore, même s’ils veulent vivre au fond des bois.
C’est gai.
2008 June 10, Tuesday at 11:33 am
Toki-jaleak… bihiak baratzean? « ekialdetik
[...] osoa edo zati bat, ekoizteko ahalmena – astiz, tokiz eta trebetasunez – egokitzeaz, bakarrik edo elgarrekin. Horrela, asti gehiago izateko eta trebetasunak elgar osatzeko elgarrekin antolatuz ere, bi muga [...]